Stop Heliskiing

L'héliski promet des kilomètres de descente, des espaces naturels vierges et un accès rapide et direct. Les derniers recoins sauvages de la montagne sont dégradés au rang de décor pour une consommation ultra-rapide de la nature. Mountain Wilderness Suisse s'engage depuis sa fondation contre la pratique de l'héliski dans les Alpes.

La situation en Suisse

Avec actuellement plus de 35 000 mouvements aériens par an (chiffres de 2014), ce sont près de 30 000 touristes en mal d’aventure et de sensations fortes qui sont déposés sur des versants intacts. 3 000 d’entre eux sont héliportés dans le périmètre du patrimoine mondial de l’humanité Jungfrau-Aletsch, où les sept places d’atterrissage en montagne (Ebnefluh, Langgletscher, Jungfraujoch, Petersgrat, Rosenegg West, Blüemlisalp et Kanderfirn) sont situées à l’intérieur de sites inscrits à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale (IFP), et donc protégés par la Confédération.

Dans les Alpes suisses, la popularité de l’héliski est liée notamment au fait que cette pratique est interdite en France et en Allemagne, et soumise à des règles très restrictives en Autriche. La Suisse dispose actuellement de plus de 42 places d’atterrissage en montagne (PAM), dont plus de la moitié sont situées à l’intérieur de sites protégés ou à leurs abords immédiats. Le Conseil fédéral a décidé en 2014 de réduire leur nombre à 40, mais cette décision n’a pas encore été appliquée.

La loi sur l’aviation stipule à l’art. 8 dit : « Des atterrissages en montagne en vue de la formation et de l'entraînement des pilotes et pour le transport de personnes à des fins touristiques ne peuvent avoir lieu que sur des places d'atterrissage désignées par le DETEC, avec l'accord du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) et des autorités cantonales compétentes. Le nombre de ces places d'atterrissage sera restreint et des zones de silence seront aménagées. »  Pour les vols à des fins de travail, en revanche, les dispositions sont beaucoup plus souples, les « vols à des fins de travail » étant de surcroît définis de façon très large.

Ce que nous faisons :

L'engagement de Mountain Wilderness Suisse contre l'héliski est au cœur des préoccupations de notre organisation et remonte à la création de notre association en 1994. Nous demandons la suppression définitive des places d'atterrisage dans les espaces protégés ainsi qu'une réduction significative des vols touristiques :

  • Pour le respect de la montagne, nous demandons la création de zones de tranquillitécalme dignes de ce nom.
  • Nous engageons des actions en justice contre les atterrissages illégaux en dehors des places d’atterrissage en montagne.
  • Nous sensibilisons le public par le biais de campagnes ciblées dans les médias, de manifestations et d’actions en justice.
  • Nous travaillons en réseau avec des associations, des entreprises et des particuliers opposés à la pratique de l’héliski en Suisse.

Les grandes étapes de notre engagement contre l’héliski :

  • 2014

    La grande désillusion

    En 2014, la Confédération met un terme définitif au processus de réexamen du plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA). Elle justifie cette mesure par des « différences insurmontables ». En même temps, elle décide de mettre enfin en vigueur l’ordonnance sur les atterrissages en campagne et de plafonner le nombre de places de dépose à 40 au lieu de 48. Mountain Wilderness Suisse prépare actuellement une action en justice contre cette décision.

  • 2012

    Des conclusions explosives

    La Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage (CFNP) rend son expertise à la fin de 2012. Plusieurs interventions de Mountain Wilderness Suisse sont nécessaires pour que le résultat soit rendu public. La CFNP conclut que la place d’atterrissage du Mont Rose contrevient gravement aux objectifs de protection du site IFP Dent-Blanche – Cervin – Mont Rose (un site protégé par l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d’importance nationale) et qu’elle doit donc être interdite aux vols touristiques. La portée de cette expertise est considérable : selon la même logique, il faudrait aussi interdire la plupart des sites de dépose situés à l’intérieur de sites IFP.

  • 2011

    Dépôt d’un recours

    Le CAS dépose un recours auprès du Tribunal administratif fédéral contre la décision d’autoriser l’ouverture d’une nouvelle hélistation sur le site de Trift près de Zermatt. Le processus de réexamen est suspendu pour les autres régions. En décembre 2011, le Tribunal administratif fédéral juge le recours du CAS recevable sur presque tous les points. Il demande la réouverture de la procédure d’examen des places d’atterrissage en montagne (PAM) dans le sud-est du Valais et une meilleure prise en compte des intérêts de la protection de la nature et du paysage. Une expertise est sollicitée auprès de la Commission fédérale pour la protection de la nature et du paysage (CFNP).

  • 2010

    Une décision décevante

    À l’issue du processus d’examen du plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique en 2010, toutes les places d’atterrissage existantes sont confirmées et il est décidé d’ouvrir une nouvelle hélistation sur le site de Trift près de Zermatt.

  • 2007 - 2010

    Processus de réexamen dans le sud-est du Valais

    De 2007 à 2010, Mountain Wilderness Suisse participe avec d’autres organisations environnementales au processus de réexamen du plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA) dans le sud-est du Valais. Les avancées sont lentes, car les défenseurs de l’environnement sont sous-représentés.

  • 2007

    Révision du PSIA

    Sept ans après la décision du Conseil fédéral et plusieurs revendications politiques plus tard, une feuille de route est enfin définie pour la révision du plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA). Mountain Wilderness Suisse demande que l’analyse soit effectuée au niveau national pour éviter une concurrence entre les cantons. La feuille de route prévoit en revanche le regroupement des places d’atterrissage en six régions et des débats impliquant tous les groupes d’intérêt concernés.

  • 2000

    Manifestations et revendications politiques

    Mountain Wilderness Suisse attire depuis 1993 l’attention sur les pratiques aériennes en montagne. Sous la pression des rassemblements et des actions politiques, le Conseil fédéral décide en 2000 de procéder à une révision complète du plan sectoriel de l'infrastructure aéronautique (PSIA).

Devenir actif :

Signaler les atterrissages illégaux

Les atterrissages d’hélicoptères en dehors des places d’atterrissage officielles sont illégaux. Si vous êtes témoins de tels atterrissages, signalez-les nous. Nous transmettrons l’information à l’OFAC afin d’éclaircir la situation juridique.

Participer

Mountain Wilderness Suisse organise chaque année un rassemblement « Stop héliski » ou une « Marche pour le Silence ». Nous cherchons en permanence des personnes motivées pour participer à ces actions. Ces rassemblements, associés en général à un bivouac ou à la construction d’igloos ou d’abris creusés dans la neige, sont toujours une expérience inoubliable. En fonction de la destination, certains rassemblements sont également accessibles à des alpinistes débutantsnovices. Inscrivez-vous à notre prochain rassemblement !

Liens complémentaires :

Si vous avez observé des pratiques illégales, contactez-nous : info(at)mountainwilderness.ch