L'héliski : une absurdité dans une zone protégée

Des activistes de Mountain Wilderness Suisse manifestent le 14 avril sous la place d'atterrissage en montagne du Petersgrat (3'131 m) contre l'héliski et les autres activités aériennes de loisir en haute montagne. © Mountain Wilderness/Niklas Eschenmoser.

Au Petersgrat (VS/BE), la place d'atterrissage en montagne la plus fréquentée de Suisse, un groupe de 15 activistes de Mountain Wilderness a envoyé cette année un signal contre l'héliski. Au vu de la situation avalancheuse délicate, ils ont modifié le plan initial et ont déployé leurs bannières en dessous du Sackhorn. L'élan des activistes n'a pas été entamé pour autant : évoluer dans le respect de la montagne signifie aussi accepter les conditions du moment. En revanche, ils ont pu profiter du calme du paysage enneigé entre les nuages sans être dérangés. En effet, en raison de la mauvaise visibilité, le ciel était de toute façon inhabituellement vide ce jour-là.

C'est plutôt l'exception au Petersgrat : les mouvements touristiques y ont augmenté de 40% entre 2016 et 2021 - bien que la place d'atterrissage se situe au milieu d'une vaste zone de haute qualité sauvage et en bordure d'un site protégé. Le boom de l'héliski contraste ici fortement avec les objectifs de protection de la région voisine de l'IFP Oberland bernois et Aletsch-Bietschhorn, dans laquelle "l'absence de perturbation des habitats" ainsi que "l'intégrité du paysage" doivent être préservées. Mountain Wilderness demande donc qu'au moins les places d'atterrissage en montagne dans les zones protégées soient supprimées.

Des loisirs au bilan CO2 lamentable

"Ecology is bullshit, heliski is fun", déclarait récemment un touriste héliskieur dans un reportage de la RTS. Il symbolise l'augmentation des vols d'hélicoptères en montagne en période de crise climatique. 15'000 personnes se font transporter en montagne chaque année en Suisse rien que pour l'héliski, alors que les glaciers continuent de fondre. Paradoxalement, la crise climatique pourrait même augmenter la demande d'héliski : si la neige se fait plus rare à basse altitude, les vols en haute montagne pourraient devenir de plus en plus attractifs.

Réduire les vols d'agrément et minimiser les perturbations

« Par notre action, nous voulons souligner que la Suisse est en train de devenir un pôle d'attraction pour l'aviation de loisir dans les Alpes - ce qui ne peut pas être dans notre intérêt », explique Maren Kern. « Les espaces naturels intacts sont de plus en plus sous pression et le réchauffement climatique nous pousse à agir de manière conséquente ». Le conseiller national Christophe Clivaz (Verts VS) partage cet avis : motivé par le reportage de la RTS, il a déposé une interpellation posant des questions critiques sur l'héliski en Suisse.

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