Mountain Wilderness Schweiz
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Le Val Ferret dans toute sa richesse

(Trekking)

Préservé, avec un longue histoire d'agro-pastoralisme, le Val Ferret suisse est un vrai bijou.

Schwierigkeit:für alle

Reise:

  • Train de Martigny � Orsières et après bus jusqu'� La Fouly. En été, jusqu'� Ferret.

Route:

Du Grand Col Ferret - passage utilisé depuis l’Antiquité, frontière entre l’Italie (val d’Aoste) et la Suisse (canton du Valais) - descendez la vallée tout au long d’un paysage préservé, marqué par une activité pastorale séculaire. Vous passerez dans les prés d’alpage au lieu dit La Chaudière, dont le nom viendrait de l’orientation au midi, abrité de vents froids du nord. Observez attentivement car la flore et la faune sont riches et variées. Une pente plus raide vous amènera � La Peule. L� , � plus de 2000m, un alpage et une famille vous accueillent tout l’été - nuit sur la paille, repas et dégustation de ses produits. Une jolie descente vous conduira et aux Ars Dessous, où un autre fromage d’alpage se déguste, il est fameux.

A Ferret, dernier hameau de la vallée, vous  découvrirez une chapelle construite en 1707 qui vous familiarisera avec l’architecture sacrée, typique de la région. Pour marcher ‘hors goudron’ jusqu’� la Fouly, � l’entrée du hameau de Ferret, descendez, traversez la Dranse et empruntez un sentier qui longe la rive gauche. Poursuivez en bordure de la rivière et retraversez-la juste sous le chalet du Clou, ”où la myrtille mûrit � l’ombre tendre des mélèzes”. A la Fouly, le 3ème samedi de septembre, a lieu la désalpe - grande fête villageoise, cortège de reines (� cornes et � lait) fastueusement décorées, qui descendent des alpages. Ici, une petite station accueille en hiver les familles de skieurs et l’itinéraire suit tout au long des hameux de la vallée.

Autrefois, le Val Ferret constituait un exemple de la transhumance par excellence: les résidences � l’année s’arrêtaient � Praz-de-Fort. La Fouly, au fond de la vallée, était un alpage; les deux Branches étaient des mayens où l’on restait quelques semaines au printemps et en automne. En partant de La Fouly, munissez-vous d’un bon pique-nique du terroir et donnez un coup d’œil aux publications réalisées par les écrivains et artistes locaux � l’office du tourisme. Au village, sur les deux côtés de la Dranse, regardez bien les différents styles de chalets: cherchez les vieux en bois sombre, les nouveaux faits � l’ancienne, les modernes et les pseudo-traditionnels – on trouve de tout! Empruntez le sentier sur la rive gauche et observez le lit de la rivière: la zone alluviale est vraiment large. Avec la prise d’eau par Emosson SA pour la production d’électricité, le débit est devenu très faible. Mais avec les orages, la Dranse peut encore devenir une force destructive comme ce fut le cas en 2000 lorsque le pont de l’Amône fut emporté (remplacé par un neuf dans le jour même).

En arrivant vers Saleinaz, observez la configuration géologique et imaginez qu’ici a été exploitée la glace entre 1861 et 1900. 

C’est bien la  moraine de Saleinaz qui barre complètement la vallée. Elle a été déposée l� � travers les millénaires lors du recul du glacier. Sa hauteur est d’une cinquantaine de mètres. Le joli sentier qui suit sa crête entièrement boisée fera découvrir au randonneur d’énormes blocs de granit. Le site est classé et protégé.

Regardez aussi l’architecture qui redevient le centre d’attention avec les fameux Raccards du Blé, le Musée de la Vie d’autrefois, et les chalets. Une promenade � dos d’âne est tout � fait possible (par l’intérmédiaire de Vagabond’âne). Continuez jusqu'� Praz-de-Fort, rendu celèbre par Rambert dans son conte, Le chevrier de Praz-de-Fort. Ici, certains habitants parlent encore le patois local. Visitez également le four banal des Arlaches – il existe depuis 1746 et fonctionne aujourd’hui encore durant les fêtes de fin d’année.

Un rideau de feuillus et de mélèzes bruissant au souffle de la Dranse le voile en partie et ajoute � son charme un peu archaïque, comme son nom, venu on se sait d’où : Les Arlaches. Le bois bruni des raccards domine, mis en valeur par les toits d’ardoise naturelle. Comme on aimerait s’y arrêter ! Mais le village ne livre pas son secret aux amateurs de kilomètres qui ne savent qu’avaler les distances et collectionner les terminus touristiques en vogue. Il faut venir pour lui, passer la rivière, prendre l’unique ruelle tortueuse, admirer les bûches entassées sous les auvents, sur les balcons ensoleillés des granges, déchifrer les inscriptions sur les poutres des raccards : ANNO DOMINI 1715, 1804, 1834. (Jacques Darbellay, La Fouly)

Le même charme � Issert, un hameau plus accessible, où le moulin, datant du XIIIème siècle et rénové en 1990, est un bel exemple des techniques hydrauliques d’antan. La carrière du Darbellay, située vers les hauts d’Issert, sur la rive gauche du torrent du Darbellay, fut exploitée pour l’ardoise entre 1885-1955 et permet de comprendre d’où viennent ces beaux toits villageois. Le caractère exceptionnel du Val Ferret réside dans cette cohabitation respectueuse de l’homme avec la nature, pendant des siècles.

Ici point de tours en béton, ni de parc aux biches. La faune se trouve dans son véritable biotope. C’est tout le val Ferret authentique. Vallée au pays des trois Dranses, elle s’insinue entre deux chaînes de montagne complètement différentes l’une de l’autre…

Rive gauche, c’est le règne du granit, des parois abruptes, des arêtes déchiquetées, des glaciers suspendus, des torrents tumultueux, des cascades…

Rive droite, des pentes calcaires plus douces, gazonnées et boisées, des alpages montant très haut, une flore aussi, variée et intéressante, mais des montagnes moins élevées… (Georges Pillet, Martigny)

Reste � ajouter, qu’entre les deux chaînes, les hommes et les femmes ont développé des activités en harmonie avec leur environnement : agriculture (pastoralisme, sylviculture), extraction (glace, ardoise et autres), services (moulins, fours). Le développement du tourisme d’été et d’hiver saura-t-il rester conscient de cet héritage?