Mountain Wilderness Schweiz
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Le Mont-Blanc des dames – Le Buet

Le Buet et un des plus beau points de vue sur le Mont-Blanc. Presque nulle part ailleurs la chaîne de montagnes est aussi prodigieuse et les glaciers aussi proches.

:Le mieux en 1½ jour. En tout 7 heures. Depuis l’arrêt Le Buet jusqu’� la cabane Pierre � Bérard en 2 heures et de l� jusqu’au sommet environ 3 heures. Retour en 2-3 heures.
:Lange Bergwanderungen und mit – ausser der Normalroute – ausgesetzten, nur zum Teil gesicherten Passagen. Trittsicherheit und gute Kondition sind Voraussetzung
Distance:je nach Route, siehe unten
:je nach Route, sehe unten
Carte:Carte topographie Suisse, feuille Martigny 282
Saison:Mi-juin jusqu’à fin septembre

Transport:

Train de Martigny direction Chamonix. Descendez au deuxième arrêt du train après Vallorcine, Le Buet.

:

Arrêt du train Le Buet (1329) - Refuge Pierre à Bérard (1950) - Le Buet (3099) – Arrêt du train Le Buet (1329)

Dormir:

Ceux qui arrivent déjà la veille peuvent passer la nuit au refuge Pierre à Bérard. La réservation est obligatoire, tél. 0033 (0)4 50 54 62 08. Nuitée en demi-pension pour 30 euros. Ouvert de mi-juin à mi-septembre.

Informations:

Plus d’informations à l’office du tourisme à Vallorcine 0033 (0) 50 54 60 71

Suggestions:

15 minutes en dessus de l’arrêt du train Le Buet, il y a la grotte dans laquelle le faux-monnayeur Farinet s’était réfugié, couvert par la population.

Le Buet - Un point de vue sans pareil

Elsbeth Flüeler

Dans les débuts de l’alpinisme, il y avait des guides exprès pour les dames – par exemple Jacques Balmat dit des Dames. Et aussi une montagne exprès pour elles : Le Buet, le Mont-Blanc des dames, au nord-ouest du massif du Mont-Blanc. On dit qu’à l’aide d’un télescope les dames auraient observé leurs héros lors de leur ascension du Mont-Blanc. « La vue depuis le sommet (du Mont-Blanc) est tout à fait grandiose, même si elle n’en vaut pas la peine au sens habituel; les contours des montagnes plus éloignées sont flous et même par temps clair on ne distingue que les grandes chaînes de montagnes ». C’est ainsi que Baedecker décrit en 1911 l’impression qu’il a retenu du sommet du Mont-Blanc. Par contre, le Buet offre une vue globale magnifique sur les Aiguilles Rouges, la chaîne du Mont-Blanc, les Alpes bernoises et valaisannes, les Dents du Midi, jusqu’au Lac Léman et au Jura selon un guide de voyages du début du XXe siècle. Pleine d’attente, je me mets en route pour le Buet.

A l’arrêt du train du Buet, on a en face de soi le Mont Oreb. A sa droite, il y a le Val de Tré-les-Eaux, à sa gauche, le Vallon du Bérard qui mène au pied du Buet. 50 m à gauche de l’Hôtel Le Buet, je trouve le chemin qui traverse un pré et qui mène jusqu’au début du vallon. Après dix petites minutes, je m’arrête déjà. Un peu plus haut que les dernières maisons, Farinet, le Robin des Bois des montagnes, se serait caché là dans une grotte, persécuté par des tireurs de grenaille. Aujourd’hui, de nombreux petits vacanciers se prélassent ici en buvant du coca ou un sirop ou en mangeant une glace. Sur la terrasse, je profite des quelques rayons de soleil de la vallée étroite et j’admire l’arc-en-ciel provoqué par une cascade. Bien vite je reprends mon chemin, car j’ai déjà un peu de retard. La gardienne de la cabane m’attend pour six heures et demie.

Le chemin monte gentiment en suivant le ruisseau, l’Eau de Bérard. Presque sans m’en apercevoir, je franchi les 600 m de dénivellation jusqu’au refuge Pierre à Bérard. La cabane est construite sous un grand rocher, au milieu de la vallée. La couchette où je m’installe pour la nuit est juste sous le rocher. Aujourd’hui, il n’y a que peu d’hôtes. Dans la règle, une réservation est obligatoire, tout au moins fortement recommandée.

Le lendemain matin, un jour radieux m’attend. Le soleil, tout orangé, sort juste dans l’échancrure de la vallée. Un petit vent souffle au début de mon ascension vers le Buet. Les ruisseaux qui descendent des glaciers en dessous des Aiguilles Rouges coulent dans la large cuvette du Vallon du Bérard pour tout à coup disparaître dans des fosses. Comme avalée – il n’y a plus d’eau! Presque toutes les prises d’eau se trouvent au même niveau, à la frontière de la réserve naturelle ‘Vallon de Bérard’. Ce qui coule plus bas est dirigé vers le lac artificiel d’Emosson.

J’avance vite. Le pâturage resplendit de toutes sortes de couleurs. Après les dernières renoncules des glaciers, la végétation disparaît au profit de gros blocs de rocher. Puis, le chemin passe sous l’Aiguille de Salenton, tantôt sur des névés, tantôt sur des ardoises cassantes – si cassantes que la pierre se dissout presque dans l’eau de fonte et que mes souliers sont pleins de giclées de boue noire.

Le vent se lève lorsque je traverse un long pierrier raide à flanc de coteau qui monte vers le Buet. Je cherche à me protéger de du vent derrière un rocher. Il y a de fortes rafales. Mais la vue est bonne: Nous avons devant nous tout le massif du Mont-Blanc. J’essaie de nommer toutes ces pointes, ces parois lisses et noires et ces grands glaciers blancs. Le Mont-Blanc daigne laisser tomber ses enveloppes et montre son sommet plat. Entre temps, une vaste couverture nuageuse s’est formée dans le ciel. Elle est grise et menaçante au sud-ouest et annonce de la pluie. Vite, je monte les derniers mètres jusqu’au sommet à 3099 m. Et là , toute la beauté de cette montagne se manifeste. Le guide de voyages tient ce qu’il a promis. Et une vue tout à fait étonnante s’offre à vous: Le Valais et la ville de Genève se trouve sur le même axe; seul le sommet sur lequel nous nous trouvons les sépare – apparemment. Le Buet est en effet une montagne tout à fait exceptionnelle.

été 2002

traduction: Geneviève Vuilleumier