Mountain Wilderness Schweiz
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14.11.2017 / smo

Affluence record au Musée Alpin pour un film sur les espaces sauvages

La solidarité avec le Musée Alpin ne tarit pas : ce sont 250 spectateurs qui se sont pressés lundi passé pour la 1ère suisse du film «The New Wild», à l’invitation de Mountain Wilderness et de Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP).

La solidarité avec le Musée Alpin Suisse a atteint un nouveau sommet le lundi 13 novembre 2017 avec plus de 250 visiteurs qui se sont entassés dans le bâtiment plein comme un œuf de l’Helvetiaplatz à Berne. En cause : l’invitation de Mountain Wilderness et de Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP).à la projection du film « The new wild », suivie d’une discussion. La manifestation servait d’une part de témoignage de solidarité avec le Musée Alpin Suisse menacé par des coupes budgétaires massives de la part de l’Office Fédéral de la Culture (consulter la page web Rettungsaktion pour plus d’informations). Mais il s’agissait aussi de la première suisse du film « The new wild ». Ce documentaire met en scène l’exode rural et le retour à l’état sauvage dans le Frioul italien. Mountain Wilderness et la FP ont souhaité ainsi lancer le débat autour des espaces sauvages en Suisse.

Submergés par l’affluence

La manifestation de solidarité envers le Musée Alpin Suisse a suscité l’enthousiasme. Malgré la bousculade, les 250 visiteurs ont finalement tous pu assister à la projection. Les organisateurs ont su réagir au pied levé et projeter le film en même temps dans 2 salles. « Nous avons été dépassés par le succès » a avoué Judith Hüppi de la FP Suisse. Beat Hächler, directeur du Musée Alpin s’est même exclamé « Aucune manifestation externe n’avait attiré autant de public dans notre musée au cours des années passées – c’est grandiose ! »

La présentation du film témoigne de surcroît de la bonne collaboration entre la SP et Mountain Wilderness Suisse. Les 2 organisations de défense de l’environnement partagent le même engagement en faveur des paysage culturels intacts ainsi que des sites sauvages encore vierges d’aménagements. Le nombre impressionnant de spectateurs et les retours favorables nous encouragent à renforcer cette coopération et à étendre le réseau en faveur des espaces intacts.

Un projet culturel davantage qu’un documentaire

«The New Wild» est plus un projet artistique qu’un simple documentaire. Le réalisateur Christopher Thomson y montre au moyen d’images empreintes de tranquillité, soulignées par une voie mélodramatique, comment des vallées entières du Frioul italien se désertifient : la forêt engloutit les anciens pâturages, les pommes tombent sans qu’on les cueille. Le film montre aussi comment l’homme et la nature parviennent à s’approprier les espaces libérés pour de nouveaux développements.

Sa tonalité apaisée, à la limite du mélo, a parfois été perçue comme provocatrice et a suscité des réactions controversées à l’issue de la projection au Musée Alpin. « Mais c’est exactement ce que nous recherchions » a expliqué Sebastian Moos de Mountain Wilderness Suisse. « Cela nous incite à la réflexion : ou faisons-nous face à la désertification en Suisse, comment y réagissons-nous, quelles opportunités peuvent déboucher d’une telle évolution ? »

Entre ville et campagne

Ce sont précisément ces questions qui ont été débattues à l’issue du film par Raimund Rodewald, directeur de la  Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage  et Tabea Baumgartner du Center sursilvan d’agricultura. Le deux ont pu trouver un terrain commun malgré des positions apparemment inconciliables sur le papier : d’un côté une jeune Argovienne de Brugg, éprise de développement durable, partie s’installer dans la Surselva (GR), de l’autre un écologiste de la 1ère heure portant un regard de citadin sur la nature sauvage. Leur conclusion commune : la question du développement des zones de montagne ne peut être traitée sans un échange intensif entre ville et campagne.